Financer ma formation, une cause nationale !

On serait surpris des résultats d’un micro-trottoir sur le coût de la formation d’un élève de CM2, de celle d’un lycéen ou de celle d’un étudiant ! L’école étant gratuite, plus personne n’en connait le prix, pas plus que le budget annuel de l’Education Nationale. Demain il en sera de même avec le coût de la santé, puisqu’il suffit de payer le pharmacien avec sa carte vitale sans débourser un seul centime ! Tout le monde s’offusque du montant des impôts mais tout le monde demande toujours plus de moyens, pour l’éducation, la santé, la culture, …. sans jamais s’interroger sur la pertinence de tel ou tel service, sur le montant de la dépense publique et la contribution de chacun. Il en est tout autre avec la formation professionnelle. Dès lors qu’on souhaite s’engager dans une formation en vue de développer ses compétences professionnelles, on connait assez vite le prix de la formation. Certes, on ne connait que rarement le montant des frais annexes. Et on n’imagine pas toujours le prix de l’investissement personnel, les efforts qu’elles nécessitent, un autre prix à payer ! Le sens présumé de la réforme La nouvelle réforme a pour objet de finaliser la tendance déjà engagée ces dernières années à savoir le transfert de la responsabilité de l’entreprise vers la responsabilité de chaque adulte dans le développement de ses compétences professionnelles. Le Compte Personnel de Formation sera alimenté chaque année de travail jusqu’à concurrence de 5 000 € et deviendra la source de financement des actions de formation tout au long du parcours professionnel ! L’individualisation de la formation est « en marche » comme celle de la responsabilité de son employabilité ! Ce n’est plus à l’entreprise de veiller à l’adaptation des salariés aux nouvelles technologies et aux nouveaux postes de travail mais la responsabilité en revient au salarié lui-même ! Les syndicats ont beau se battre pour maintenir la formation dans les droits collectifs et le paritarisme de sa gestion, ils ont de moins en moins d’adhérents et ne sont jamais parvenus à rendre transparents les modes d’accès à la formation ainsi que leurs financements ! Ils n’ont jamais réussi à faire de la formation une grande cause nationale, la formation considérée à la fois comme un investissement personnel et un enjeu collectif ! Les remontées du terrain On se souvient que dans les grosses lignes, la formation des salariés est financée par les entreprises et les OPCA et FONGECIF, organismes paritaires, et que la formation des demandeurs d’emploi est financée à la fois par l’Etat au travers de Pôle emploi et par les Régions ! On aimerait imaginer que les formations agréées par Pôle emploi et par les Régions soient des formations qui facilitent le retour à l’emploi et qu’elles financent bien des projets portés par des personnes motivées. Les courriers des internautes du site financermaformation font état de nombreux refus de la part de Pôle emploi ou de montants insuffisants au titre de l’AIF, qui ne recouvrent que partiellement les frais de formation. Ils font état de la méconnaissance totale des aides régionales. Ils sont tout aussi surpris lorsqu’on évoque les possibilités d’abondement du Compte Personnel de Formation. Ce labyrinthe des accès à la formation, le maquis des aides financières vont-ils disparaitre demain, pour une plus grande clarté pour les publics de la formation professionnelle ! On peut en douter au vu du démarrage laborieux du Compte Personnel de Formation ! On peut en douter tant que les règles de financement restent obscures et résultent de décisions de « commissions ». Chacun sait que la réussite d’un projet de formation professionnelle dépend à la fois de la motivation des personnes et de leur capacité à boucler le financement ! Or depuis trop longtemps, il se trouve que des personnes motivées ne trouvent pas de financement et que des formations financées à 100% ne trouvent plus de volontaires motivés ! Les conditions du succès Certains experts déclarent que l’économie française pourrait glisser doucement vers le bas de gamme de ses produits et de ses hommes dont les faibles compétences commencent à être notées par les enquêtes de l’OCDE ! Il ne suffit pas d’ajouter la somme de 15 milliards d’euros pour la formation professionnelle (*), il faut en faciliter l’accès et le financement pour tous, quels qu’ils soient. Il faut également que le retour sur investissement, que constitue la formation, soit effectif pour les salariés comme pour les demandeurs d’emploi ! Dans cette perspective, le chantier de la « participation » devrait être lancé en même temps ! Si les salariés sont contraints de partager les mêmes risques que les entreprises et leurs actionnaires, il faut aussi qu’ils puissent également en partager les profits ! Au risque de voir se développer les inégalités sociales et les écarts entre gens bien formés et personnes non qualifiées !   *Le Plan d’Investissement dans les Compétences devrait représenter 15 Mds d’euros additionnels ».