Les « nouveaux » acteurs de la Qualité en formation 2/2 (suite)

  • S’appuyant sur leur expertise de l’assurance qualité, les organismes de certification réaffirment leur légitimité dans le marché de la formation en s’appropriant le décret Qualité. Les financeurs, quant à eux, portent le poids d’une responsabilité nouvelle définie par un cadre légal où chacun, puisant dans son expérience, est guidé par son analyse des critères… du décret Qualité.
  • Les organismes de certification, acteurs certifiés de la qualité en formation
Les organismes de certification ne sont évidemment pas nouveaux dans le champ de la formation. Plusieurs certifications et labels existent selon la reconnaissance recherchée : ISO, NF Service Formation, la qualification OPQF, ICPF & PSI, Certif LR en Languedoc Roussillon… En revanche, avec le décret Qualité du 30 juin 2015 la donne a changé. Les organismes de certification l’ont bien compris et saisissent une formidable et légitime opportunité de (re)positionnement sur un marché de la formation… grand ouvert. En effet, sur les dizaines de milliers d’organismes de formation et formateurs en France, combien peuvent se prévaloir d’un label, d’une certification, d’une norme ou de toute autre forme de reconnaissance de la qualité de leurs formations ? Combien, parmi eux, s’interrogent aujourd’hui sur leur passage « obligé » à une certification qualité ?
  • Les arguments en faveur de la certification
Cette interrogation, contrainte mais pas moins stratégique, ne vient pas du fait que les prestataires de formation doutent de la qualité de leur offre, de leurs méthodes pédagogiques ou de la maîtrise des domaines sur lesquels ils interviennent. Mais parce que le passage à une certification qualité dans le champ de la formation leur permettra a priori, dès aujourd’hui et encore plus demain, de maintenir des relations avec leurs clients dont les financeurs (OPCA, Régions…) seront officiellement soumis à une obligation de contrôle à partir du 1er janvier 2017. En outre, et là nous en venons au nerf de la guerre, pour tout prestataire de formation, investir dans une certification est un argument commercial indéniable pour qui souhaite se remettre d’une année 2015 particulièrement morose. En effet, l’affichage d’une assurance qualité devient progressivement le prérequis incontournable dans les appels d’offres. La certification en formation garantit à l’acheteur, même dans le cadre de transaction financière en direct – c’est-à-dire sans financeur –, un gage de solidité du prestataire de formation engagée dans une démarche qualité. L’argument commercial de la certification Qualité se voit renforcé par l’avis de la DGEFP qui indique dans son « Questions Réponses » que la détention d’un label ou d’une certification qualité, qui serait inscrit dans la liste publique du Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelle (CNEFOP), est suffisante pour satisfaire aux critères du décret. Il y a évidemment d’autres arguments qui plaident en faveur de la certification qualité, mais je préfère laisser le soin aux experts du sujet les apporter eux-mêmes dans les commentaires de cet article.
  • Avant de s’engager dans la certification
Nous sommes donc dans une situation où une poignée d’organismes de certification sont face à des milliers de formateurs et prestataires de formation « potentiellement certifiables ». Donc, faut-il investir à tout prix dans une certification Qualité en formation pour se voir garantir un financement ? Pas forcément, et pour plusieurs raisons.
  1. S’engager dans une démarche qualité sans viser la reconnaissance externe par une certification est possible, sauf si vous intervenez dans un secteur réglementé. Un OPCA peut même reconnaître votre engagement d’amélioration continue par la lisibilité de votre offre, la clarté de vos process…
  2. Viser une certification est une démarche qui doit être volontaire et en aucun cas imposée par la loi et guidée par les critères d’un décret ouverts à toutes sortes d’interprétations.
  3. Procéder à un diagnostic avant de vous engager est indispensable : quel est mon marché ? Comment évolue-t-il ? Qui sont mes clients ? Quelle est la certification qui correspond le mieux à ma structure et mes projets ? Une certification qualité est un investissement qui mérite réflexion. Sur ce point, nous pouvons vous aider.
  4. Investir dans une certification dans le but d’accéder à des financements est contraire à la culture de la qualité en formation.
  • Le financement doit rester un moyen, en l’occurrence financier, pas un objectif. Si l’investissement dans une certification est compréhensible selon une logique commerciale, la quête du financement par la certification est une approche encore différente. Elle nourrit l’idée que nous, professionnels de la formation, investissons dans une certification dont le retour sur investissement serait l’accès à des financements.
  • Or, les financeurs ne sont pas dupes. Et c’est la raison pour laquelle, prudente, la DGEFP indiquait également dans son « Questions – réponses » que « la détention d’un label ou certification qualité constitue une présomption simple de la capacité du titulaire à dispenser une action de qualité (…) ».
Les financeurs, dont les OPCA, feront donc l’objet de notre prochain article « Les « nouveaux » acteurs de la Qualité en formation 2/2 (fin) ».